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Alanor d'Australis
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Alanor d'Australis
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le Dim 8 Sep 2019 - 19:48
C'était avec soulagement qu'Alanor vit la fin de journée arriver. La fatigue se faisait ressentir chez la jeune reine et elle commençait à ne plus supporter d'être assise à lire des dossiers ou à entendre tout le monde râler autour d'elle.
Il manquait de ceci par ci, de cela par là.
Des problèmes, encore et toujours.

Oh elle était pourtant pleine de bonne volonté, bien décidée à faire de son mieux mais cela ne l'empêchait pas de finir ses journées épuisées.
De plus, elle n'en pouvait plus d'entendre tout le monde lui rappeler qu'elle devait chercher un futur mari.
C'était à croire que tout le monde ne pensait qu'à ça et que toutes les heures un nouveau prétendant s'ajoutait à la liste déjà bien remplie.
Et elle avait fini par craquer Alanor. Cédant après des semaines d'acharnement de la part de ses ministres.

Bien plus intéressée par les affaires d'état que par les affaires de cœur, elle avait demandé à ses ministres de lui fournir une liste des prétendants qu'ils jugeaient être de bons partis.
Elle espérait sincèrement que cet os qu'elle leur donnait à ronger les occuperait un certain temps, toutefois elle ne se berçait pas trop d'illusions.
Et même si elle n'osait pas trop se l'avouer, la question de son mariage la tracassait au fond. Elle ne voulait pas être comme ses parents, de simples alliés politiques.
Au plus profond d'elle-même, elle voulait vivre la même histoire d'amour que son oncle Asthan. Elle les enviait tellement...

Toutes ces pensées ne cessaient de cogiter dans sa tête la maintenant éveillée alors que la nuit était désormais bien entamée.
Agacée, Alanor finit par se lever et aller se balader dans le palais.

Tout était si calme ce soir. L'air était frais et elle finit par rentrer à l'intérieur assez vite. Sa chemise de nuit blanche et bleue aux broderies d'or ne la couvrant pas suffisamment.
Et c'est au détour d'un couloir que l'envie soudaine de se mettre à jouer l'a pris.
Voilà de cela bien des mois qu'elle n'avait plus touché à un piano, écho trop douloureux pour son cœur blessé et en quête d'amour maternel. Mais ce soir, elle se laissa aller, et dans un geste nostalgique recommença à jouer.

Si son cerveau semblait avoir tout oublié, ses doigts eux se souvenaient parfaitement des notes et bientôt la douce mélodie résonnait dans les couloirs du palais royal.
Naswen Kael
Omniscient·e
Naswen Kael
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le Dim 8 Sep 2019 - 22:16



Sonate au clair de Lune

Je décède


J’étouffe un bâillement, un parchemin quasiment collé au nez tant je commençais à avoir du mal à faire le point dessus.

C’est avec un soulagement infini que Fëwen, à ma droite, marmonne, manifestement fatigué aussi :

— On continuera demain Naswen, si tu veux bien. Je pense qu’on a bien passé la moitié de la nuit, ce n’est plus bien productif…

Je tourne les yeux vers lui. Nous avions des dossiers urgents à traiter, concernant entre autres les derniers Apprentis désignés et des ordres de mission spécifique. Astéria travaillait déjà sur une autre affaire, aussi on s’y est collé avec Fëwen. Et ça a pris beaucoup plus de temps que ce que j’aurais pu imaginer.

Je me redresse et m’étire les bras. Si j’ai l’habitude de veiller tard, ce n’est en général pas pour travailler, et c’est très différent question fatigue.

Je me relève et entame le rangement des dossiers dans les tiroirs et placards appropriés. Les régents avaient la gentillesse d’accorder aux membres du Haut Conseil des salles de réunions hors-Conseil, au rez-de-chaussée du bâtiment principal du palais. Ça nous permettait de stocker nos papiers, et de ne pas accaparer les bâtiments attenant aux temples des Esprits inutilement.

Fëwen m’adresse un petit signe de la main et quitte la pièce en murmurant un « à demain ! ». Je remets ma cape de Médiateur sur mes épaules, puis balance sur une épaule mon sac, ajuste sur l’autre la lanière de la sacoche de mon violon. Si j’avais prévu de fini tard, je n’avais pas prévu de finir aussi tard. Moi qui aie souvent l’habitude de sortir le soir après le travail pour jouer de la musique dans les parcs déserts, je crois qu’on reportera à demain.

J’emprunte les pas de l’Omniscient de l’Etoile, refermant la porte derrière moi en tâchant de faire le moins de bruit possible. Réveiller les régents au beau milieu de la nuit ne doit pas être la meilleure des façons de conserver son travail.

A pas de loup, je me dirige vers la porte de sortie, lorsqu’un son parvient à mes oreilles, m’incitant à m’arrêter et à écouter. A la fois familier mais aussi très différent de ce que j’avais l’habitude d’entendre. Si la musique est un langage universel, il en existe plusieurs formes.

Intrigué sur qui pouvait bien jouer du piano au beau milieu de la nuit au palais royal, je pivote sur mes talons et m’enfonce discrètement dans les couloirs en suivant la mélodie, ma cape bleu sombre battant mes chevilles. Je me sens soudainement bien plus éveillé.

J’arrive finalement devant une grande porte entrouverte, derrière laquelle la musique est bien plus forte.

Devant l’ouverture, j’hésite. Je n’ai pas le droit d’écouter ni regarder, ce qui se passe dans le palais royal ne me concerne pas, surtout pas à cette heure de la nuit. Je me mordille la lèvre inférieure. Juste un coup d’œil, personne n’en saura jamais rien, pas vrai ? J’essaie de me convaincre moi-même…

Je me penche finalement en avant et incline la tête. L’instrument étant manifestement dans un coin de la pièce, je n’arrive à rien distinguer ; je me penche un peu plus. Alors, mon épaule gauche bute contre la porte ; qui s’ouvre davantage dans un grincement, et moi je trébuche à l’intérieur de la pièce. Je sens mon sang ne faire qu’un tour, et je commence à paniquer. Je relève les yeux et tombe sur la silhouette de… Oh, non, Son Altesse au piano, en chemise de nuit. Panique doublée.

Le visage cramoisi, je commence à agiter les mains tout en m’inclinant -ce qui donnait une pose plutôt bizarre-, en balbutiant :

Je- Je suis sincèrement désolé, votre Altesse, je ne voulais pas- je passais par là et j’ai entendu et- et je me demandais, enfin, qui…

Très peu clair. Ce qui résume très bien l’état de mes pensées, extrêmement chaotiques, en cet instant.
Alanor d'Australis
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Alanor d'Australis
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le Lun 9 Sep 2019 - 1:01
La musique a toujours apaisé Alanor. Si au palais elle ne peut pas demander à l'orchestre de jouer tout le temps elle adore sortir en douce et se balader dans les rues de Thiiel découvrant toujours de nouveaux groupes ou au contraire en retrouver certains.

Elle est douée pour ça, se déguiser et ne pas se faire reconnaître. Il faut dire qu'elle a tout le temps les cheveux attachés dans des coiffures tressées assez complexes quand elle est au palais. Tandis que dehors elle laisse sa chevelure brune détachée.
De plus, tout le monde sait que ses yeux bleus sont de nature changeante au gré de son humeur mais dehors elle fait attention à toujours porter des lentilles très sombres, à tel point qu'on pourrait penser qu'ils sont d'un marron proche du noir.
Elle était passé maître dans l'art de cacher sa noble naissance même si sa posture droite et son port de tête altier lui faisait encore défaut, difficile de s'en débarrasser quand on a grandi comme ça.

Ce soir, la jeune reine n'a pas besoin de se cacher. Ses cheveux sont défaits et légèrement ondulé par les tresses de la journée, ses yeux ne portent aucune lentille et elle se sent libre.
Ses doigts courent sur les touches du piano et elle se laisse emporter.

Si Alanor était loin d'être une aussi bonne pianiste que sa mère elle n'en était pas moins très bonne en plus d'être passionnée. Alors plus rien ne compte et elle enchaîne les morceaux sans se rendre compte que des pas se font entendre dans le couloir.
Et quand l'intrus entre avec fracas, la jeune reine se retourne d'un bond, une main sur le coeur et retenant avec grand peine un cri de surprise.

Dans sa poitrine, son coeur bat la chamade et elle soupire de soulagement en reconnaissant le visage de celui qui vient de lui faire un sacré frayeur.
Naswen. Omniscient d'Elentir et membre du Haut Conseil.

- Par les Esprits Naswen vous venez de me faire une peur bleue, souffla la jeune reine avec un faible rire.

Il fallait tout de même admettre que la situation était amusante. Le pauvre semblait perturbé d'avoir été pris la main dans le sac d'autant plus qu'il ne devait pas s'attendre à la trouver, elle ici.

- Je vous en pries, il n'y a pas de mal. J'aurais moi même été curieuse à votre place. J'espère juste que je ne vous ai pas trop déranger dans votre travail...

D'un rapide coup d'oeil la jeune reine avait remarqué lasacoche pleine de dossier du jeune homme ainsi qu'un étui un peu particulier.
Se levant et s'approchant de lui elle finit par regarder Naswen avec intérêt et curiosité.

- Vous jouez du violon ?
Naswen Kael
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Naswen Kael
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le Lun 9 Sep 2019 - 10:55



Sonate au clair de Lune


Mon cœur se calme doucement et mon estomac reprend sa place lorsque Son Altesse aborde l’incident avec le sourire, déclarant au passage que je lui avais fichu une peur bleue. Ce n’était pas surprenant, en soi, elle ne devait pas s’attendre à ce que quelqu’un débarque ici maintenant… surtout pas moi. Elle ne semble néanmoins pas spécialement en colère, ce qui me rassure. Je redresse le dos et serre les pieds, histoire de retrouver une position plus digne. J’incline la tête, surpris qu’elle s’inquiète du fait qu’elle ait pu déranger mon travail.

Oh… non, non, ne vous inquiétez pas. Les salles de réunions sont assez loin et assez bien isolées alors non… je m’apprêtais à partir à dire vrai, mais je vous ai entendue, sans savoir que c’était vous, et je…

Ma voix meurt sur mes lèvres lorsqu’elle se lève pour se rapprocher, en me fixant avec intérêt et curiosité. Je me retiens de passer d’un pied sur l’autre, embarrassé.

— Vous jouez du violon ?

J’en avais presque oublié le poids de mes chargements. Je tourne les yeux vers mon étui, presque surpris de le trouver là.

Oui… ne vous inquiétez pas, je ne joue pas au travail, simplement il m’arrive de le prendre pour quand j’en sors.

Je me racle la gorge, en ayant à la fois une irrépressible envie de partir, mais aussi la curiosité me pique de plus en plus.

Hm… si vous me permettez, c’était joli, ce que vous jouiez. Je ne suis pas très familier de cet instrument, mais… je dirais que vous êtes bien la fille de Sa Majesté, ajouté-je avec un timide sourire.

C’était un compliment. Ce n’était un secret pour personne que Sa Majesté Amalya est une grande pianiste, bien que cela fasse longtemps qu’elle n’a plus joué en public. Cela fait par ailleurs bien longtemps qu’elle ne s’est plus montrée en public, et personne ne sait vraiment pourquoi. En soi, cela ne m’étonne pas, au final, que sa fille joue du piano, avec un talent non négligeable qui plus est.

Je recule d’un pas.

Eh bien, je crois… que je vais vous laisser, je suis assez bien placé pour savoir que le public improvisé n’est pas toujours le bienvenu, fais-je avec un sourire désolé.
Alanor d'Australis
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Alanor d'Australis
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le Dim 22 Sep 2019 - 0:24
Il fallait bien admettre que le jeune conseiller n’avait pas l’air de se sentir très à l’aise et Alanor se demandait si c’était simplement sa présence ici avec elle ou sa tenue que beaucoup jugeraient inappropriée. Parce qu’elle la voit cette lueur de panique quand elle s’avance vers lui. Elle en aurait presque l’habitude de faire peur aux gens et pourtant, elle était bien plus du genre à aboyer pour ne pas mordre.

Un rire s’échappe, Alanor ne s’attendait sûrement pas à ce genre de réponse.

- Je vous en prie, ce n’est pas un interrogatoire. De plus c’est bien regrettable, vos talents pourraient peut être rendre les conseils un peu moins barbant.

Oh parce qu’elle n’a pas peur de le dire. Le Haut Conseil, les réunions en tout genre où elle devait être là assise à lire des rapports sur des choses qui lui paraissaient beaucoup trop loin et hors de sa portée pour qu’elle prenne une décision et pourtant elle devait bien en prendre des décisions. Tout ça, ce quotidien qui était bien le sien, elle le détestait.
Les seuls moments qu’elle aimait c’était quand elle était au contact de son peuple, le vrai. Pas des gens qui avaient passé tant de temps au pouvoir qu’ils en avaient oublié qu’ils étaient de simples mortels comme tout le monde.

Naswen ne semblait pas faire partie de ses gens là. Les omniscients en général. Sûrement parce que leur quotidien était de gérer le surnaturel. Alanor relève la tête vers lui quand il reprend la parole et si elle ne perd pas son sourire c’est simplement grâce à toutes ses années où on lui a appris à faire semblant.
Oh non pas qu’elle n’appréciait pas le compliment, au contraire, peu de personne avait eu l’occasion de l’entendre jouer ces derniers temps et elle était ravie de voir qu’elle n’avait pas tant perdu que ça mais être ramené à sa mère rouvrait d’anciennes blessures.
C’était avec elle qu’elle avait appris, avec elle qu’elle avait pratiqué pendant toutes ces années. Son seul vrai lien avec sa mère c’était cet instrument. Et elle y mettait tellement d’amour. Pourtant, aujourd’hui, même la musique n’arrivait plus à les rapprocher et si la jeune reine refusait d’y penser elle n’en souffrait pas pour autant.

- Je suis bien loin  du talent de ma mère mais merci.

Retournant près du piano elle penche la tête sur le côté et le dévisage quand il recule. D’une humeur joueuse elle saisit la partition qui se trouve devant elle et lui lance.

- Qui a parlé d’un public ? Vous savez jouer non, alors jouons.

Se réinstallant à sa place elle lance ses cheveux noirs derrière ses épaules pour ne pas qu’ils lui tombent devant le visage quand elle commencera à jouer et offre un large sourire au jeune homme qui se trouvait pris au piège.

- J’ai toujours adoré les duos violon et piano, précise-t-elle comme pur se justifier.

Ce n’était pas comme si elle en avait vraiment besoin, après tout, on ne refuse rien à sa reine.
Naswen Kael
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Naswen Kael
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le Sam 5 Oct 2019 - 23:34



Sonate au Clair de Lune


Un sourire timide se dessine sur mes lèvres lorsque son Altesse déclare que la musique pourrait rendre les conseils moins « barbants ». Probablement, à n’en pas douter, dommage que ça ne soit vraiment pas le but des conseils.

Vous savez quelle prochaine réforme appliquer, en ce cas, ajouté-je avec un ton amusé.

Si elle semblait de bonne humeur, son visage semble se figer lorsque j’évoque sa Majesté la reine. C’est assez difficile à décrire, son sourire n’a pas quitté son visage, aucun de ses muscles n’a bougé. J’aurais simplement presque eu l’impression que son regard s’assombrissait, au sens propre ; cependant la faible luminosité doit me jouer des tours. Une impression furtive de malaise. Était-ce étonnant ? Je ne sais rien de ce qu’il se passe entre les murs de ce palais, cela ne me regarde pas ; néanmoins, je me sens mal à l’aise à l’idée d’avoir touché une corde sensible par ignorance.

Maladroit, je fais un pas en arrière, murmurant que je ferais mieux de partir.

Je ne saurais pas dire si sa réaction me surprend ou non, son Altesse a souvent des réactions surprenantes, en Conseil notamment. A l’instant aussi. Jouer en duo avec sa future reine, au beau milieu de la nuit ? C’est probablement l’une des situations les plus étranges auxquelles j’ai pu faire face. J’attrape au vol la partition qu’elle me lance, lit sans vraiment y penser les premières notes couchées sur le papier. D’une part je ne suis pas réellement en position de refuser et, de plus, quelque part je crois que je suis heureux qu’elle me l’ait proposé. J’ai toujours aimé jouer avec d’autres musiciens, avec d’autres instruments… ça donne toujours une dimension nouvelle à la musique.

D’un coup d’épaule je déloge mes chargements de mon dos, ouvre délicatement la housse de mon instrument. Je passe distraitement les doigts sur le bois sombre vernis, avant de me redresser avec le violon en main. Je reste un peu hésitant à me rapprocher du piano, avant de me ressaisir. Oh aller Naswen, tu n’es plus un enfant, tu ne risques pas la potence là…

Je rejoins son Altesse en quelques pas, repose la partition contre le support, sous mes yeux. Je ne connais pas cette mélodie, peut-être une archive de la famille royale.

L’archet repose sur les cordes. Je laisse le piano lancer les premières notes, avant de suivre, mes yeux suivant mécaniquement les lignes de la partition, mes mains se calant automatiquement pour produire le son.

Cette mélodie est douce, et chaleureuse. J’en oublie un instant que je me trouve avec Alanortaana. Mes épaules se détendent légèrement.

Pendant ces quelques minutes, je me sens chez moi.
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