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Arizael Alderaim
Omniscient·e
Arizael Alderaim
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le Mer 18 Sep 2019 - 11:07

Quand Naswen me regarde soudainement avec un air surpris, je sais que je viens de sortir du cadre habituel des missions. Une bourde de plus à mon actif. Mais je crois sincèrement que ça va payer. Au moins, grâce à ça, on en apprend plus sur les intentions du soldat et je crois que Naswen reconnaît l'utilité des informations que nous apprenons. Il essaie de mieux cerner les limites du problème en posant une question.

Je m'identifie un moment au soldat, à la conviction avec laquelle il défend son quartier, son peuple. Et je me surprends à penser que si cet homme est soldat, c'est par conviction. Il semble avoir une volonté honnête et saine de défendre son pays. Plus il nous parle de son pays, de la gestion problématique de l'eau, des besoins du faubourg sud, plus je suis convaincu que notre mission ne se résume pas à récupérer et détruire la gemme, mais que nous devons aussi, en tant que médiateur, aider Luz Nevez dans sa quête de justice.

Il y a un moment de silence. Est-ce que Naswen est arrivé à la même conclusion que moi ? Et si nous les aidons, comment le faisons nous ? En contactant les autorités d'Asthil ? Si les habitants du faubourg n'ont pas réussi à les convaincre, pourquoi y arriverions-nous ? On pourrait utiliser la gemme d'eau, mais n'importe qui ne peut pas s'en servir...

Je réfléchis du mieux que je peux quand Naswen déclare que nous devons créer une nouvelle source d'eau. Bingo. Ses yeux brillent de détermination, et je crois que les miens aussi. Créer une nouvelle source avec la gemme. Pour l'annoncer comme ça, il doit avoir une idée précise, un début de plan. Et pour le mettre en route, on va avoir besoin de quelques trucs. Je m'adresse à Luz :

- Si tu veux que ça marche, on va avoir besoin de ta coopération. Il faut que tu nous fasses confiance.

Il acquiesce, l'air d'attendre la suite.

- D'abord, il nous faut un endroit à l'écart, parler de ça juste à côté des baraquements, c'est pas l'idéal. Ensuite, il faut qu'on puisse examiner la gemme au plus vite.

- Okay, suivez-moi.

Son air buté a laissé place à une expression déterminée, pleine de sang froid. Il nous guide dans un dédale de couloirs jusqu'à accéder à ce qui paraît être une remise. Entre des cartons de documents en attente et des piles de matériel empaquetés, sur une étagère pleine de boîte de rations, il déloge une boîte en fer blanc apparemment identique aux autres.

- Ce sont les réserves en cas de pénurie. Personne n'y va, ce sont juste des stocks en cas de catastrophe naturelle.

Il n'y a pas que l'eau qui est précieuse dans le désert, on dirait.

Maintenant que nous sommes à l'abri des oreilles indiscrètes on va pouvoir continuer. J'essaie d'avoir de l'assurance auprès de Naswen et de Luz, mais je n'ai jamais manipulé une gemme de cette ampleur et je ne sais qu'à moitié ce que je fais. Ce scénario ne fait clairement pas partie de la formation habituelle des médiateurs.

- On va se rendre au bourg sud de nuit. Naswen et moi trouverons un moyen de détourner l'attention de potentiels patients mais il y a peu de chance qu'on soit dérangé à trois heure du matin. Ensuite...

Je dis ça comme si c'était facile mais je n'ai pour le moment aucune idée valable. Je peine à poursuivre.

- Ensuite... Naswen, tu sais comment utiliser la gemme ?

Jusqu'à présent mon coéquipier a toujours eu de bons instincts, il réagit vite et de façon pertinente. Je compte sur lui pour cette histoire de gemme.

Au milieu du capharnaüm de mes idées, alors que j'essaie d'échafauder un plan qui tienne la route, une envie me prend. Une envie de gamin dont le copain a trouvé un trésor et qui veut le voir de ses propres yeux.

- Dis, Luz, est-ce qu'on peut la voir ?
Naswen Kael
Omniscient·e
Naswen Kael
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le Sam 5 Oct 2019 - 18:15



Balade sous le soleil


Arizael semble approuver mon idée, la lueur dans ses yeux en témoigne. Le soldat semble également se détendre légèrement, et nous entraîne à sa suite. Je ne suis pas très à l’aise dans ces couloirs, les gens qui passent semblent nous juger de haut en bas. Nous arrivons face à une remise, aux étagères débordantes d’objets divers et variés. La réserve, nous explique Luz. Ah oui, ils ne rigolent pas. En même temps, ce doit être le campement principal de l’armée, ils ne doivent rien laisser au hasard…

J’acquiesce aux dires d’Arizael. Oui, il vaut mieux y aller de nuit, sans témoin ça reste mieux… même si nous ne faisons rien de mal, en soi. Mais quelque part je doute que l’on nous croie, si on nous surprend à faire joujou avec une gemme en plein milieu de la nuit dans un pays qui n’est pas le nôtre.

Mon regard se trouble un peu lorsqu’il me demande si je sais comment utiliser la gemme. Dommage, j’avais espoir qu’il en ait déjà utilisé une, une fois. J’ai déjà détruit des gemmes, mais je n’ai jamais essayé de m’en servir… Je ne réponds pas à sa question, réfléchissant. Je redresse en revanche la tête lorsqu’Arizael demande à voir la gemme. Plus comme une envie subite qu’un véritable besoin, j’ai l’impression.

Luz semble un peu réticent encore. Il se pince les lèvres. Ah oui, si jamais nous partions en courant une fois la gemme entre les mains, hein ?

Vous savez, on en aura besoin tôt ou tard, souligné-je simplement.

Il capitule avec un petit soupire. Il déclipse avec précaution le couvercle de la boîte qu’il avait saisie ; je me penche au-dessus comme un enfant voudrait voir ce qu’il y a au fond d’un puits mystérieux.

Reposant dans la boîte, à moitié enveloppée dans un morceau de tissu rouge, une pierre translucide à la couleur bleue glaciaire. Elle ressemble à un caillou -d’accord, un joli caillou- ordinaire, mais une aura magique l’enveloppe. Vous savez, un peu comme celle qu’on peut ressentir lorsque l’on est face aux Esprits, ou à certains autres Omniscients. Seulement, les gemmes ont toujours eu une aura froide et intimidante, comme si elles étaient encore imprégnées du ressentiment de leur « créateur ». Je tends une main tremblante pour me saisir avec précaution de la gemme. Comme à chaque fois que j’en touche une, un courant électrique me parcourt la main ; comme le contact entre deux sources de magie d’origine différente.

Un peu hésitant, j’essaie d’appliquer une faible pression mentale sur les flux d’énergie qui s’achapent de la pierre. Je n’ai jamais fait ce genre de choses, j’essaie simplement de voir comment la gemme se comporte. Eh bien, je peux vous dire que c’est une véritable petite peste ; à peine effleurée, elle m’envoie un jet d’eau haute pression dans le visage avant de redevenir inerte.

Toussant et crachant, les joues me piquant sous l’effet de la pression de l’eau, je fourre la gemme dans les mains d’Arizael avant de me frotter les yeux pour m’éclaircir la vue.

Il va falloir -kof kof- y aller vraiment doucement, toussé-je.

Luz arque un sourcil hautain.

— A quoi t’attendais-tu ?

A pas grand-chose, c’est pour ça que je teste maintenant avant d’être au milieu de la ville, grommelé-je.

Il ne trouve rien à me répondre.

Je me tourne vers Arizael ; c’est lui et lui seul qui pourra utiliser la gemme avec moi, car il peut, normalement, sentir l’énergie qui s’en dégage avec plus de facilités qu’un non-Médiateur.

Il faudra essayer de pousser un peu de son énergie vers la fontaine du faubourg. Diriger ces flux vers la pierre- et pas vers ma tête.

Je repousse une mèche de cheveux détrempée de mon visage.

— J’espère que vous allez vous entraîner à faire ça avant de tester vos capacités près des habitants, rétorque Luz en faisant passer son regard d’Arizael à moi.

Je penche la tête.

De toute façon, nous avons le temps d’ici cette nuit. On va aller s’entraîner à faire ça sur d’autres cailloux, un peu éloignés dans le désert…

Luz acquiesça, manifestement satisfait de la réponse.

— Je viens avec vous.

Toujours pas confiance, hein ?

Nous rangeons néanmoins la gemme dans sa boîte, puis quittons la remise, puis le camp. Les soldats nous voyant avec Luz nous accordent moins d’attention qu’à l’allé ; et les gardes de l’entrée, qui nous avaient attaqués, ricanent en nous voyant passer dans l’autre sens, probablement s’imaginant que nous allions être exécutés dans le désert ou quelque chose du genre, avant que Luz ne leur cloue le bec en faisant une remarque d’un ton implacable sur leur capacité à garder l’entrée du camp.

Nous nous éloignons du camp et d’Asthil, avant d’être hors de vue de toute autre personne.

Je ramasse quelques cailloux, les examine un instant, avant de les tendre à Arizael.

A toi l’honneur. En gros, l’idéal serait de réussir à en faire de petites fontaines…

Luz rouvre la boîte de la gemme d’eau.
Arizael Alderaim
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Arizael Alderaim
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le Mar 8 Oct 2019 - 19:57

Dans la remise militaire, seul avec le soldat Luz et Naswen, je souffle un peu. Cette mission a commencé sur les chapeaux de roue et tout s'est enchaîné sans que la pression puisse retomber. Nous avons le temps d'élaborer un plan avant la tombée de la nuit, profitons-en. Mais ça ne va pas être chose facile. D'abord, parce que Naswen ne me répond pas... Pas étonnant, si je ne me suis jamais retrouvé dans la situation d'utiliser une gemme au lieu de la détruire, ça ne doit pas être son cas à lui non plus. Tant pis, il va falloir improviser.

Naswen trouve les mots pour convaincre Luz de nous montrer la gemme, à ma demande. C'est que je suis curieux, j'ai toujours trouvé les gemmes si jolies... Et puis il a raison, il faudra bien la sortir à un moment ou à un autre. Luz tient la boîte entre ses mains et nous nous penchons dessus. Au milieu d'une étoffe rouge se trouver une pierre, si petite pour de si grands pouvoirs, pour de si grands enjeux. Sa couleur me rappelle les hauts et fiers glaciers d'Australis, mais aussi la clarté sans équivalent des frais et vifs ruisseaux de l'Empire des eaux. L'atmosphère qui l'entoure a une qualité différente de l'air ambiant, comme si la magie qui s'en émanait adoucissait ses contours tout en la rendant plus acérée. Je suis pris d'un frisson. Pour une fois, ne pas la faire disparaître tout de suite... C'est grisant.

Naswen la prend dans sa main. Luz tique mais ne dit rien. L'instant paraît suspendu... jusqu'à ce que la gemme l'arrose copieusement en quelques secondes ! Je suis trop abasourdi pour rire de l'absurde de la situation. Nous fixons bêtement, les yeux écarquillés, un Naswen trempé et crachotant. Si elle réagit comme ça quand on y va en douceur, je n'ose pas imaginer ce que cela peut donner dans les mains de quelqu'un de mal intentionné.

Soudain, il me refile la gemme comme pour s'en débarrasser. Je l'éloigne de mon visage par réflexe, la tenant à bout de bras, mais rien ne se passe. Il faut trouver le moyen de l'activer il semblerait. Je me concentre dessus, comme je me concentre pour sentir le poids dans l'espace d'un objet à manipuler par la pensée. Mais la sensation est complètement nouvelle, déstabilisante ; c'est comme si le poids de sa magie jouait des tours surprenant à la gravité. Un objet qui a l'air banal mais qui affecte potentiellement tout ce qui l'entoure a de quoi chambouler mes perceptions.

C'est quand j'essaie d'exercer une pression mentale sur l'aura qui s'en dégage que je perçois une réaction. Physique. Mes mains sont mouillées. Je rouvre les yeux – je ne me souviens même pas de les avoir fermés. Des gouttes énormes, grosses comme des larmes de géant, s'échappent de la gemme. Ça n'a pas l'air impressionnant comme ça, mais j'ai l'impression d'avoir les paumes qui pleurent et le flux ne fait qu'augmenter. J'ai rapidement les bras et les pieds trempés. Je lève un regard perdu vers Naswen et Luz.

- Qu'est-ce que je fais moi maintenant ?

Question purement rhétorique, je me précipite vers Luz pour déposer de mes mains dégoulinantes la gemme dans sa boîte. Je me secoue pour essayer de sécher plus vite alors que Naswen me résume la situation.

- Okay, transférer une partie du pouvoir de la gemme sur la fontaine. Je ne sais pas si je peux refaire la même chose ailleurs mais on peut essayer. Et oui, Luz, un entraînement serait le bienvenu.

Sur ces mots, nous nous préparons et quittons les lieux. Naswen a raison, on devrait être au calme dans le désert. On doit avoir l'air d'une drôle d'équipée mais au moins la présence de Luz nous confère légitimité et crédibilité auprès des soldats que nous croisons. À l'extérieur de la ville il n'y a personne pour se promener sur ce terrain aride et caillouteux. Luz s'assoit, les bras croisés sur les genoux, l'air d'attendre que nous nous mettions au travail. Il garde près de lui la boîte, sa confiance ne nous est pas encore acquise. Naswen me passe des pierres. En faire de petites fontaines, hein ? J'ironise :

- À moi l'honneur ? C'est trop aimable.

Il me suffit de reproduire ce qui s'est passé tout à l'heure mais j'ai la vague impression que ça va être plus compliqué que ça. Je positionne un gros caillou devant moi et je récupère la gemme auprès de Luz. Je me concentre à nouveau. L'étonnante sensation est la même. J'essaie d'exercer une nouvelle pression, en tentant de lier cette fois-ci la magie de la gemme et la pierre en face de moi. Mais, au lieu de se mettre à couler, l'eau jaillit puissamment sous la forme d'un petit geyser dont les gouttelettes qui retombent autour nous arrosent. Quelques secondes plus tard il n'en reste plus rien à part une flaque sur le sol. Je récapitule :

- L'essai numéro un est un échec, ça ne coule pas comme une fontaine et ça ne dure pas dans le temps. On continue.

Je recommence avec un autre caillou et, cette fois-ci, l'eau s'écoule en continue mais en un filet si mince qu'il suffirait à peine pour une fourmilière. Les mains sur les hanches, j'observe le résultat, peu convaincu.

- Échec numéro deux, cette gemme fait de la résistance les amis.

Mais je ne me décourage pas. J'essaie une troisième fois, avec la même concentration... Si je pouvais obtenir le même résultat que dans la remise... Je sens l'eau, délicieusement fraîche, qui commence à couler sans s'arrêter de la gemme dans mes mains. Je la tends vers mes deux compagnons.

- Je n'appellerais pas ça un échec, on s'approche du résultat voulu, il faut juste obtenir la même chose avec une pierre au lieu de ma main.

Je me tourne vers Naswen :

- Tu veux essayer ? J'ai l'impression que, quand tu es dans le même état d'esprit que lorsque tu utilises ton pouvoir, la gemme est moins réticente. Enfin, c'est juste une idée.

Le reste de l'après-midi s'écoule vite tandis que nous essayons avec acharnement de produire une source digne de ce nom. Les premiers progrès apparaissent alors que le soleil se couche. Je distribue des galettes de maïs que je gardais dans mon sac (toujours être prévoyant quand on part en mission) et nous faisons une pause en les grignotant. Le spectacle du soleil qui descend dans le ciel sur le paysage solitaire du désert est splendide. À chaque fois que je le vois se coucher, j'ai à l'esprit cette image tiré d'un livre pour enfant de Luinil qui se met au lit avec un bonne de nuit. Je me relève et époussette ma cape.

- Encore un dernier essai et on part en repérage dans le faubourg. Prêt Naswen ?
Naswen Kael
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Naswen Kael
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le Dim 3 Nov 2019 - 11:13



Balade sous le soleil


Arizael s’y essaie plusieurs fois. Le résultat n’est pas loin, mais c’est compliqué. Je lève les yeux vers lui lorsqu’il me propose d’essayer. C’était vraiment étrange de considérer un caillou presque comme un être vivant, capricieux et que nous ne devions pas brusquer. Je me saisis de la gemme et des autres pierres.

A l’instar d’Arizael, je tache de transformer la pierre inerte en fontaine, en pierre génératrice d’eau. Sa remarque était tout à fait juste ; celle d’être dans le même état d’esprit que lorsque l’on utilise son pouvoir. Après des heures et des heures de travail, nous avons fini par sentir que nous devions plutôt accompagner la magie de la gemme, la diriger, plutôt que de la forcer à se concentrer sur le banal caillou. Les gemmes sont définitivement très susceptibles.

Nous faisons une pause à la fin de la journée, tandis que l’étoile descend vers l’horizon. J’adresse une prière silencieuse à Luinil pour que ce que nous allons faire cette nuit ne finisse pas en désastre meurtrier. C’est elle la protectrice des habitants, j’espère sincèrement que si ça devait mal tourner elle nous aiderait. Je pose instinctivement une main sur ma sacoche, où sont rangés les sabliers qui permettent une adresse directe à Elentir. Le stress commence à monter dans mon ventre, puis dans ma gorge. Tant de choses peuvent mal tourner cette nuit.

Je lève les yeux vers Arizael tandis qu’il se redresse. J’acquiesce avant de faire de même, de me saisir à nouveau de la gemme et de la pierre. Au cours des deux dernières heures, Arizael et moi avions réussi à produire quatre mini-fontaines. Nous les avons mises de côté, en nous disant que si nous n’arrivions pas à reproduire la même chose sur la fontaine du village ce soir, nous pourrions donner ces pierres, même si le filet d’eau qu’elles produisent est proportionnel à leur taille, et donc plutôt insuffisant pour fournir tout un faubourg.

Je viens à nouveau effleurer de ma magie celle de la gemme, la guide patiemment vers la petite pierre. La tension se relâche brutalement lorsque la magie de la gemme se déverse en partie dans le caillou qui, d’inerte, se met soudainement à produire un petit jet d’eau continu, similaire à ce que nous avions pu produire au cours des dernières heures.

Je croise le regard d’Arizael.

Je pense qu’on peut y aller.

Luz se remet aussitôt sur ses pieds, nous indiquant qu’il allait nous guider, nous faire passer les éventuelles barrières que nous pouvions rencontrer.

Nous nous remettons donc en route vers Asthil. Nous contournons ses murailles, en direction du sud. Au fur et à mesure de notre avancée, sous la luminosité diminuant fortement laissant place à la nuit du désert, nous observons les maisons être de moins en moins hautes, de moins en moins ornées, de moins en moins grandes. Les couleurs plus ternes, les tissus moins riches et plus durs. Des enfants nous regardent passer avec curiosité, chuchotent entre eux, certains font des signes de la main à Luz, qui a l’air d’être connu dans le faubourg.

Les rues se vident lentement au fur et à mesure que le voile noir de la nuit recouvre le ciel et que, au loin, la lune pâle de Vanyar vient éclairer les murs d’une faible lueur fantomatique.

Nous arrivons sur la place centrale. Le sol est à peine pavé, c’est surtout du sable et des cailloux, avec de temps en temps un pavé usé surgissant du sol, plus susceptible de vous faire trébucher que de stabiliser votre marche. Au centre, ce qui semble être une fontaine des plus rudimentaires, un bloc de pierre s’élevant sur un mètre cinquante à peu près, avec un petit trou en son centre, duquel s’écoule un filet d’eau si faible que si la lumière de la lune ne s’y reflétait pas, j’aurais douté de son existence.

Luz s’arrête devant la misérable fontaine, un air dégouté sur le visage.

— C’est la fin de la journée, il ne reste plus rien.

Je me pince les lèvres. Si nous arrivions à transformer cette fontaine pour qu’elle génère son propre flux d’eau…

Luz redresse la tête et regarde tout autour de lui, pensif.

— Les rues sont déjà désertes, et la prochaine patrouille ne passera pas avant une heure -ils ne passent pas souvent dans les quartiers pauvres. Vous savez quoi, je crois que c’est notre meilleure chance, maintenant.

Je croise le regard d’Arizael, avant de m’approcher de la fontaine. Je pose une main sur la pierre, l’autre tient la gemme.

Il va falloir qu’on le fasse en même temps Arizael, la quantité d’énergie de la gemme à mettre dans cette fontaine est un peu plus importante que ce que nous avons fait avant...

J’adresse une prière silencieuse aux trois Esprits.
Arizael Alderaim
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Arizael Alderaim
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le Dim 10 Nov 2019 - 22:18

La première lune, celle de Vanyar, s'est déjà levée dans un ciel sans nuage. Celle d'Elentir devrait apparaître dans une heure, avec la prochaine patrouille. Si d'ici là nous avons fini notre mission ce serait parfait. Sa lumière pâle éclaire au centre de la place une fontaine en pierre très sommaire. J'espère qu'un après-midi d'entraînement sera suffisant pour que nous réussissions à en faire une source d'eau abondante. Je n'ai pas d'autre choix que d'y croire de toutes façons.

Nous nous regardons avec Naswen. Ensemble. J'ai confiance en lui, depuis le début de la mission il a prouvé qu'il était à la hauteur. Le royaume d'Australis compte en lui de bons omniscients. J'imite sa position, une main appuyée sur la pierre de la fontaine. Il tend le bras, sa main ouverte avec en son creux la gemme, que je recouvre de la mienne. Un après-midi pour maîtriser le pouvoir d'une chose aussi puissante ? C'est dérisoire et pourtant, je m'accroche à l'idée que nous avons trouvé le secret, ou du moins la clé, pour s'en servir. Guider le pouvoir de la gemme plutôt que de lui imposer une volonté.

- Je compte jusqu'à trois. Un...

Je prends une grande inspiration, vérifie que mes appuis sont bien stables.

- Deux...

Je secoue un peu ma tête pour chasser mes boucles de mon visage, j'essaie d'avoir l'esprit clair, concentré.

- Trois.

Je ferme les yeux.

Je mesure à quel point la gemme est une chose étonnante, qui dépasse les règles de notre monde. Avec mon pouvoir je sens qu'elle n'est pas un objet comme les autres, dont je peux soupeser le poids pour le déplacer. Je sens son aura, mais je n'essaie pas de la manipuler comme je le fais pour bouger un objet. À la place, je trace un chemin dans l'air, un chemin mental, qui guide à la fontaine.

Je découvre une sensation nouvelle, qui n'est pas celle de la pierre, ni celle de la magie de Vanyar, que je connais bien. C'est quelque chose qui vibre différemment mais dans la même direction. Je rouvre les yeux et regard Naswen. C'est donc lui ! C'est la magie d'Elentir qui est à l’œuvre ! Un frisson me parcourt le corps. C'est bien la première fois que j'utilise mon pouvoir avec quelqu'un, et non pas en même temps.

Entre nous scintille une lueur qui n'est pas celle de la lune. Dans nos mains liées, la gemme dégage une aura brillante, c'est que ça marche ! Surtout, ne pas se dissiper, rester concentré. J'adresse un hochement de tête à Naswen et, sans un regard pour Luz ou pour la place du faubourg, je referme les yeux.

Je suis absorbé par la sensation de nos pouvoirs mêlés à celui de la gemme, à tel point que je perds la notion du temps. Je ne sais pas combien de minutes se sont écoulées quand mon attention est attirée par un bruit nouveau. Un plic-ploc incertain qui devient peu à peu régulier. Je ne veux pas regarder, pas encore. Le bruit s'amplifie, résonne sur la place. J'imagine un filet tombant goutte à goutte devenir un jet continu. Je veux y croire mais j'ai peur que mes oreilles se trompent. Finalement, j'ouvre les yeux.

Une source s'écoule de la fontaine, une véritable source, large et généreuse, dont l'eau rebondit sur les quelques pavées et vient humidifier le sable. Nous avons réussi. Je regarde Luz.

- Nous avons réussi !

À la lueur de la lune, je vois son sourire grandissant qui doit faire écho au mien. Je me tourne vers Naswen et, l'air victorieux, je lève nos mains liées tenant toujours la gemme vers le ciel.

- Mission accomplie !

Mais le brouhaha qui commence à se faire entendre m'indique que j'ai parlé trop vite. Des bruits de pas grondent dans les rues, ils viennent du centre d'Asthil. Des curieux sortent dans la rue pour voir de quoi il s'agit, puis rentrent précipitamment. Les quelques volets qui n'étaient pas fermés sont claqués. Luz, paniqué, se tourne vers nous :

- La garde ! Je peux avoir des graves ennuis avec mes supérieurs si on me surprend avec une gemme !

J'essaie de réfléchir, vite.

- Merde, est-ce qu'elle passe plus tôt que prévu ? À moins que... Combien de temps on a mis pour créer la source ?

Pas le temps de penser à ça. Notre présence ici avec un officier est suspecte, c'est vrai, mais nous ne sommes pas dans l'illégalité. Ce qui pose problème, c'est bien la gemme. Si seulement on pouvait s'en débarrasser... Mais c'est justement ce pourquoi on est venu ici !

- Naswen, il faut qu'on détruise la gemme maintenant, vite ! Ensemble ?

Après tout, nous avons déjà accompli pas mal de choses à deux, autant continuer jusqu'à la fin de la mission ?

Naswen Kael
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Naswen Kael
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le Lun 2 Déc 2019 - 17:11



Balade sous le soleil


Il recouvre la gemme au creux de ma paume de sa main. Je plisse les yeux, concentré, tandis qu’ensemble nous guidons l’énergie de la petite pierre vers la fontaine à sec.

C’était étonnant de constater comme le chemin se dessinait bien plus facilement, ensemble. Là où nous avions l’impression de lutter, un peu comme avancer dans une couche de neige épaisse, cette fois-ci l’énergie magique de la gemme s’extrait plus facilement. La magie d’Arizael, quelque part bien plus lumineuse que la mienne, vibre au creux de ma paume.

La gemme est comme chauffée à blanc, pourtant elle n’est pas douloureuse. C’est comme si elle vibrait à une très haute fréquence, à peine perceptible pourtant l’énergie qui s’en dégage est faramineuse. Dire que ça n’en est qu’une infime partie…

Une lueur s’échappe entre nos doigts, éclairant faiblement nos visages crispés. Je ne saurais dire combien de temps nous avons passé dans cette position, à pousser de la magie vers un objet inerte. Finalement, au bout d’un temps qui paraissait à la fois court et interminable, comme dans un hoquet, la fontaine crache à nouveau un jet d’eau, qui au fil des secondes s’intensifie et devient une véritable source digne de ce nom.

La tension se libère finalement de mes épaules, et un soupire de soulagement franchit mes lèvres avant qu’Arizael ne lève nos poings toujours liés vers le ciel en signe de victoire, là où dorénavant les lunes de Vanyar et Elentir semblent veiller notre exploit de ce soir. Un sourire éclaire mon visage, tandis que je tourne le regard vers Arizael, puis Luz.

Mais l’instant d’euphorie ne dure pas. Des bruits de voix lointaines, des claquements de chaussures sur les pavés inégaux, des cliquetis d’armes frappant les mollets de soldats en approche, comme Luz nous le confirme aussitôt, une pointe de panique dans la voix.

Je pousse un juron à voix basse. J’aurais préféré que nous puissions nous éloigner pour détruire la gemme. Les gemmes sont imprévisibles et elles peuvent libérer une quantité d’énergie considérable lorsqu’on les détruit. Je n’ai jamais essayé de détruire une gemme de cet acabit, je ne sais pas comment elle va réagir, alors au milieu de la population, c’est risqué. Cependant nous l’avons déjà vidée d’une partie de son énergie, alors peut-être…

Nous n’avons pas le temps de réfléchir. Mon cœur cognant dans ma poitrine, je resserre ma prise sur la pierre, petite chose tiède au creux de ma main. Je croise le regard d’Arizael, déterminé, mais je sais qu’il lira l’inquiétude dans mes yeux. C’est tout, ou rien. Il va falloir contenir cette magie. Sinon… eh bien, je n’ose pas imaginer.

Nous n’avons plus le temps.

Sans chercher à guider la magie de la gemme, cette fois-ci je force la barrière magique qui l’entoure avec mon pouvoir. J’y insuffle mon énergie, d’abord lentement, puis avec plus d’intensité. Si les gemmes sont extrêmement puissantes, elles sont également extrêmement sensibles aux autres sources de magie. C’est en les perturbant qu’on les détruit.

Elle vibre dans ma main, de manière beaucoup plus chaotique que quelques instants plus tôt. Elle est difficile à détruire, elle demande une quantité d’énergie considérable. Heureusement qu’Arizael est là, et qui plus est que nos sources de magie soient de nature différente, cela doit probablement être plus efficace.

Au bout de quelques minutes -juste à temps, avant l’arrivée de la garde-, la gemme implosa. Elle devient poussière mais, au même instant, son énergie soudainement dissipée soulève comme une vague de poussière, accompagnée de vent fort, comme après une explosion. Je recule de quelques pas avant de chuter sur les pavés sous la force du souffle, me protégeant les yeux avec le bras.

Mes oreilles bourdonnent. Je rouvre les yeux avec difficultés lorsque je sens le souffle se calmer. Des voix finissent enfin par couvrir le sifflement dans mes oreilles. La garde avait accouru en entendant le bruit. Des pleurs d’enfant proviennent des maisons, des chuchotis inquiets s’élèvent de partout.

Néanmoins, tout le monde est entier. Arizael, Luz, le village… tout est encore debout. Mes mains et mes joues ont été griffées par le sable et les cailloux soulevés, mais… tout va bien.

Je me remets debout en époussetant ma cape. La garde finit par débouler sur la place et, stupéfaite, la cheffe de l’équipe nous détaille les uns après les autres, Arizael, Luz, et moi.

— Qu’est-ce que… qui êtes-vous ? Nevez, qui sont ces gens ?

Passée la stupeur, elle s’était redressée fièrement en nous toisant d’un air méfiant.

Luz a l’air bien plus apaisé, quoi que les cheveux remplis de poussière et un uniforme déchiré par endroits.

— Des Omniscients. Un souci qu’ils m’ont aidé à régler. Non, deux soucis à dire vrai. Je pense que tout le monde est un peu secoué, mais entiers. Et nous avons, disons… réparé cette fichue fontaine.

La cheffe pose les yeux sur la fontaine, dont l’eau clapote joyeusement sur la pierre. Elle abaisse son arme, ses hommes en font de même derrière elle.

— Oh. C’est, hm, une bonne nouvelle. Je suis contente que vous ayez trouvé une solution. Néanmoins…

Elle tourne les yeux vers Arizael et moi.

— Qui que vous soyez. Vous ne devriez pas rester dehors à cette heure. Et puis, aux bruits que nous avons entendus, nous devons vous…

— Non, je me porte garant de ces personnes, coupe Luz, d’un ton autoritaire.

C’est là que je comprends qu’il est plutôt respecté par ses pairs car la femme pince les lèvres avant de pousser un imperceptible soupire.

— Très bien Nevez. Si on se rend compte du moindre problème à la suite de cette nuit, tu seras considéré comme responsable en premier, avant que nous ne partions à la recherche de ces messieurs.

Je croise le regard d’Arizael. Nous savons qu’il ne devrait plus y avoir de problème, la gemme détruite.

Nous lui fournissons néanmoins nos identités, ce qui semble atténuer un peu sa méfiance.

Le petit groupe de soldats finit enfin par s’éloigner. Plane ensuite un instant de silence, que je ne sais pas trop comment briser. Luz finit par rompre le silence :

— Merci. Vous êtes allés au-delà de votre mission originelle tout en l’accomplissant. C’est très… honorable de votre part. Je suppose que ça ne faisait pas partie de votre protocole.

Je crois que vous pouvez remercier Arizael pour ça, sinon je crois que nous serions encore là-bas à essayer de vous prendre cette gemme de force, fais-je avec un sourire en glissant un regard vers le principal concerné.

Je me retourne en entendant des bruits de pas pressés derrière moi. Je me retrouve face à une femme, dans la cinquantaine d’années, qui s’est arrêtée à quelques pas de nous. Je n’arrive pas à distinguer l’expression de son visage sous la pâle lueur des lunes, mais c’est dans un chuchotement bienveillant qu’elle prend la parole :

— Messieurs, vous ne devriez pas rester dehors à cette heure…

Nous sommes désolés, nous allions partir, je réponds un peu gêné, réalisant que nous devions gêner ces gens dans leur sommeil.

Mais la femme secoue la tête.

— Ce n’est pas une exhortation, c’est pour votre confort. Il fait froid la nuit dans le désert, vous savez ? Venez chez moi pour la nuit, vous y serez bien mieux, cela vous évitera de croiser des serpents aussi.

Je la regarde un peu surpris, avant de me tourner vers Arizael puis Luz, avant de revenir vers la femme.

C’est bien aimable de votre part, mais…

— Pas de mais ! J’ai de la place. Et puis… c’est la moindre des choses, pour ce que vous avez fait. Nous avons tout vu… oh, ne vous inquiétez pas, ajoute-t-elle avec un sourire envers Luz dont le visage s’était légèrement décomposé, c’est la moindre des choses de ne pas vous dénoncer pour cette gemme.

Luz incline la tête en remerciements. Il déclare ensuite qu’il allait nous laisser là ; il s’était absenté bien trop longtemps de la caserne pour un jour de non-repos, il devait retourner à son post immédiatement.

Il vient poser ses mains sur nos épaules en guise d’aurevoir, avant de tourner les talons et de disparaître dans la nuit.

La femme nous incite à la suivre.
Arizael Alderaim
Omniscient·e
Arizael Alderaim
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le Dim 19 Jan 2020 - 22:18

La femme nous apprend qu'elle s'appelle Beyerem, nous demande nos noms, puis, d'un geste de la main, elle nous entraîne dans le dédale des ruelles pavées d'Asthil. Nous nous enfonçons à sa suite dans l'obscurité tiède du faubourg. Les passants se font de plus en plus rares, chacun a rejoint la sécurité de son foyer après l'agitation sur la place de la fontaine. Dans le ciel, de nombreuses étoiles ont rejoint les lunes d'Elentir et de Vanyar. Et dire que cette mission s'est au final bien déroulée... Est-ce que c'est grâce à eux ? Ils ne peuvent pas suivre à chaque instant chacun de leurs médiateurs, bien sûr que non. Mais lorsque j'ai l'impression de réchapper de justesse au pire et de m'en sortir en un seul morceau contre toute attente, je remercie Vanyar. Est-ce qu'il me demandera comment s'est passée cette mission la prochaine fois que nous nous verrons ? Ou est-ce qu'il voudra plutôt savoir comment avancent les rénovations de la salle secondaire du temple ? Après ces missions où tout semble reposer sur nos frêles épaules d'humains, j'ai envie de le voir, de retrouver cette présence supérieure et rassurante.

Je pense à ce que je lui dirais, de cette mission. À la main de Luz Nevez quand elle s'est posée sur mon épaule au moment de se dire au-revoir. À l'entêtement silencieux mais déterminé de Naswen lorsque nous nous entraînions dans le désert. Au bruit rafraîchissant d'une source qui renaît. Au bruit inquiétant d'un régiment qui s'approche. À la vibration chaotique d'une gemme qui tient au creux de nos mains jointes. À la poussière projetée par le souffle puissant d'une gemme qui disparaît. Aux éraflures sur ma peau, sur mon costume. À l'étonnante capacité qu'a Naswen d'arrêter le temps. À la confiance que nous a finalement accordé Luz. Au soupir de soulagement que paraît pousser tout un quartier quand, enfin, le calme retombe.

Il n'est plus troublé que par le cliquetis des bijoux de la femme et le bruit sourd de nos pas sur les pavés à demi recouverts de sable. Nous nous arrêtons finalement devant une lourde porte en bois, qu'elle ouvre avec une clé qui brille sous la lumière diffuse des deux lunes. Sur le seuil, elle nous dit, toujours à voix basse :

- Messieurs Naswen et Arizael, ce n'est qu'une modeste demeure, mais j'espère que ça vous suffira.

- Ça sera parfait, ne vous inquiétez pas, je lui réponds.

À la lumière d'une lampe à huile, nous traversons la pièce de vie pour atteindre une chambre de bonne taille. De la haute armoire en bois décorée de fins reliefs, elle sort des monceaux de couvertures qu'elle dispose sur le large matelas au centre de la pièce. Vu leur épaisseur, les nuits doivent effet être froides dans le désert. Nous la remercions encore une fois, mais elle se contente de sourire en secouant la tête avant de nous laisser pour la nuit.

Je ressens d'un coup toute la fatigue de cette longue journée et je me contente de retirer ma cape et ma besace avant de me laisser tomber de tout mon long sur le matelas. Elle n'avait pas tort, il y a de la place pour trois ou quatre. Est-ce une tradition d'Arens, de dormir sur un lit immense posé directement sur le sol ? Ou est-ce que c'est une habitude dans les foyers les plus modestes ? Certes, il n'y a pas beaucoup de mobilier ou de décoration, du peu que nous ayons vu de cette maison, mais elle a l'air d'être propre et bien entretenue.

Je me glisse sous les couvertures, prêt à fermer l’œil, mais je me retourne du côté où Naswen se prépare lui-même à dormir. Je chuchote :

- Hé, ça va ?

Question con, ce n'est plus l'heure de faire la conversation, il doit être au moins aussi épuisé que moi. Je me reprends.

- Je voulais juste dire, merci d'avoir été à mes côtés aujourd'hui, même quand je faisais des choses de façon un peu impulsive. Tu es un médiateur en qui on peut avoir confiance. J'espère te revoir lorsque je passerais par Thiiel.

Mes yeux se ferment déjà et je m'endors, pensant à la fontaine, bercé par l'eau et le vent du désert.
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