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Amil N.Duran
Habitant·e
Amil N.Duran
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le Mer 11 Mar 2020 - 23:28
« Vous l'aurez voulu, misérable vermine. » Et comme l'avait escompté le serpent noir, l'homme en armure agit. Il n'était pas malin, la rhétorique était un art qu'il ne connaissait pas et cela se voyait sur son visage marqué par le temps. Sans attendre, il s'élança, Amil était sûr de perdre si l'un de ses hommes venait lui prêter mains fortes. Il était agile et rapide, mais il restait un être humain et il ne pouvait pas maîtriser deux hommes à la fois.
Il effectua un arc de cercle, Amil n'eut qu'à se décaler sur le côté pour esquiver, son poignard bien en main, il tenta de porter un coup à son tour. Un crissement métallique l'averti de son échec et il entendit autours de lui les pas des soldats. Il grinça des dents, étaient-ils couards au point de ne pas le laisser finir son duel ?! Il se savait finit et ce depuis le moment où il avait sauté sur le carrosse du prince, mais il ne supportait pas la frustration de ne pas pouvoir partir avec le plus gros des gibiers. Le chef de cette foutue garde.
Amil recula quand l'épée s’abattit devant lui et il tomba en arrière, sauvant ses côtes de l'autre lame de peu. Comme il l'avait prédit, il n'était pas assez rapide pour esquiver autant d'attaques. Pourtant, en dépit des armures et des épées, du nombres et du déséquilibres, il tenta tout de même de survivre. Il donna tout ce qu'il avait pour combattre, pour résister à l'emprise de la mort. L'extrémité de ses doigts devenait douloureuse à cause de la pluie, il commençait à avoir froid et, trempé, ses vêtements collaient à son corps, soulignant sa maigreur.

Alors que le fin fil qui retenait ses cheveux sauta sous un coup d'épée agile, laissant sa chevelure d'argent tomber en cascade dans son dos, il ploya le genoux. La boue l'accueillit dans un bruit de sucsion alors qu'il lâcha le poignard au manche d'os, lequel échappa un bruit mat en heurtant l'herbe humide. Le manche de la lame qui avait tranché le fil avait heurté sa tempe et Amil n'arrivait plus à voir clairement. La pluie, rendue flou, barrait sa vision et il entendait sa respiration, ressac funeste.
Mais Amil n'avait pas finit, il voulait se battre, même désarmé, même affaibli. Il força sur son genoux, posa à pleine main ses doigts dans la terre et... Et il sentit une prise sur ses cheveux, lesquels glissèrent devant son visage. Il poussa un couinement de douleur alors qu'il sentit qu'on les tirait en arrière et il fut contraint de lever les yeux, les yeux plissés sous la fatigue et la douleur.

« Il est bien dommage que la peine de mort ne soit pas applicable pour les sombres raclures de ton espèce, Serpent Noir. » Le général s'était pavaner, comme un paon à qui l'on aurait coupé la queue. Amil serra les dents, s'il acceptait la mort, il n'accepterait certainement pas l'humiliation et sans vraiment réfléchir, il balança la terre de ses doigts dans les yeux de l'homme qui osait se gausser de lui. Tant pis s'il finissait six pieds sous terre après cela, son sort avait déjà été scellé le jour de sa naissance.

« La mort... La mort est une libération, sombre crétin... » Avait soufflé le jeune bâtard, épuisé, le cœur battant. Damné de par sa naissance, Amil ne se souvenait pas d'autre chose que de la souffrance, de la trahison et de la peine. Autant celle qu'il avait causé que sa propre douleur. Aussi, ne regrettait-il pas, pensa-t-il, son existence. Au fond de lui, il ne se rendait pas compte d'à quel point il souhaitait vivre. S'il s'était autant battu, s'il avait autant tuer, ce n'était certainement pas par orgueil. Pas totalement.

« Vous saluerez mon père pour moi... » Et un sourire provocateur glissa sur ses lèvres abîmées.
Asthan Riael
Dirigeant·e
Asthan Riael
☆ Avatar : Thorin Oakenshield (The Hobbit)
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le Jeu 12 Mar 2020 - 18:55

Le Prince et le Serpent


Le traînant dans la boue, Garalt ne souillait que davantage le peu de dignité qui restait à ce pauvre homme. Ses cheveux d'argent tombaient devant son visage fatigué. Son corps frêle était à la merci des lames avides de sang des soldats royaux, mais ses prunelles d'ambre brillaient d'un feu sans fin. Le mercenaire se voulait résigné, mais son regard trahissait des désirs plus profonds.

Il luttait, encore et encore. Seul la survie comptait pour lui. Toujours à l'abri dans le carrosse, le Prince comprit. Et c'est à cet exact instant que le mercenaire balança de la terre dans les yeux du général. Pauvre fou ! Il les provoquait ! Garalt pesta et se recula de plusieurs pas, secouant la tête et chassant tant bien que mal la boue de son visage. Les deux soldats agirent en suivant, saisissant chacun un bras du criminel, l'écartelant presque et le forcèrent à courber l'échine.

Le vieux général revint alors à la charge et asséna un coup de pied dans le torse de son prisonnier. Puis un autre, tout aussi gratuit et violent. Les guerriers royaux forcèrent pour maintenir le Serpent Noir à genoux, à ses pieds.

« Ferme la ! »

Les belles paroles s'étaient envolées, Garalt se laissait aller à la colère. A deux mains, il empoigna sa lourde épée de fer et la posa sur l'épaule du mercenaire, tout près de sa jugulaire encore palpitante de vie. Et la voix du prince résonna soudain.

« Je vous en prie, général ! Cessez cette folie ! »

Les soldats s’agenouillèrent comme un seul homme devant le prince qui s’avançait dans leur direction. Seuls les deux hommes qui maintenaient le criminel et le général en personne restèrent debout. Sa lame glaciale toujours pressée contre la gorge du mercenaire, Garalt pivota vers son prince, visiblement surpris.

« Votre Altesse...!? Retournez à l'abri ! Nous nous chargeons de ce misérable ! »

Il aurait dû écouter les sages conseils de son général et protecteur, c'est ce que la raison lui dictait, mais le prince était animé par quelque chose de plus puissant encore et rien en cet instant n'aurait pu le détourner de sa soudaine mission. Un éclair zébra le ciel, l'orage gronda au loin et la pluie se fit soudain plus violente, telle un mur d'eau s'abattant dans la forêt. Comme si la scène déplaisait aux Esprits.

« Mon père et son père avant lui ont interdit la peine de mort, Général, et vous le savez. Sinon cela se nomme un meurtre. »

Oui, Garalt le savait, mais il ne supportait pas d'avoir été humilié, et encore moins d'avoir été interrompu. Il grimaça, ne pouvant pas répondre au prince et détourna les yeux.

Ce dernier posa son regard sur le jeune homme à terre, détailla ses traits. De son père, l'enfant avait ce teint exotique, si rare dans le Royaume, cette sombre couleur de trahison qui entacha réputation de sa famille. L'histoire était connue des hautes sphères. Des bruits de couloirs, des ragots chuchotes durant les festins mondains. Très vite, le déshonneur de la famille Lin avait fait le tour de la cour : un fils bâtard issue d'une aventure interdite était né. On le jugeait, on le méprisait. Il payait les erreurs de ses parents. Pauvre enfant.

Pourtant, il n'y avait pas une once de haine dans le regard du Prince. Certains y voyait une trop grande gentillesse, alors que d'autres le targuait d'être simplement naïf et inconscient. Il était un peu tout cela à la fois, le prince, et je crains qu'il ne le soit encore. Mais quoi qu'il en soit, il n'adressa pas un regard haineux au mercenaire qui avait pourtant attaqué son convoi. Il connaissait les faits, mais voulait voir au-delà.

Là où l'on voyait un tueur, le prince voyait un jeune homme perdu, qui ne mangeait sans doute pas à sa faim. Un jeune homme tentant de survivre, à qui personne n'avait jamais tendu la main. Il ne le haïssait pas, il le prenait en pitié. Peut-être était-ce plus cruel encore ? Même aujourd'hui je ne saurais dire si cela était une bonne chose ou non.

Le Prince releva les yeux vers le vieux Général. Sa décision était prise, mais il demanda pourtant un avis extérieur, pour s'assurer que ce qu'il faisait était juste.

« Ce n'est qu'un enfant, Garalt. Peut-être devrions-nous l'aider au lieu de le condamner ? »

La pluie était froide, je m'en souviens, et le ciel chargé de grisaille ne rendait la scène que plus triste encore.

Amil N.Duran
Habitant·e
Amil N.Duran
☆ Avatar : Rinkisha
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le Lun 16 Mar 2020 - 13:27
Amil poussa un grondement de douleur et de rage lorsqu'il sentit ses bras être saisit, il se débattit comme il pouvait mais il ne put que se baisser, soumis au bon vouloir de ce connard qu'était le général. Amil le haïssait de tout son coeur et alors qu'il l'avait provoqué, voilà qu'il subissait les conséquences de ses actes. Il s'apprêtait à parler encore, à siffler tel le serpent qu'il était et, envoyant un regard enragé au soldat, un regard de bête blessée, il fut coupé dans son élan.
La douleur irradia son corps déjà fortement amoché et il ne put crier, son souffle fut coupé. Le coup avait été porté avec rage et il l'avait sentit passer, sa tête se laissa mollement pendre, un instant, dans le vide. Puis, il la redressa, serrant les dents et le général envoya un nouveau coup de pied. Cette fois-ci, il cracha, son corps entier sursauta et il sentit son épaule craquée légèrement. Rien de grave, évidemment, mais la contorsion n'était pas chose agréable et la douleur le sonna légèrement alors que ses genoux commençaient à s'enfoncer dans la boue, gelant progressivement le malfrat. Cette fois-ci, il ne releva pas la tête.

« Ferme la ! » Et Amil sentit un froid étrange contre sa gorge, qui le fit frissonner, le força à relever les yeux. Il était toujours aussi étourdi de souffrance, mais il ne pouvait plus rien y faire. Même gémir était une corvée.
« Je vous en prie, général ! Cessez cette folie !
- Votre Altesse...!? Retournez à l'abri ! Nous nous chargeons de ce misérable !
- Mon père et son père avant lui ont interdit la peine de mort, Général, et vous le savez. Sinon cela se nomme un meurtre. » Si Amil n'arrivait plus à suivre le fil de la discussion, il comprit tout de même que l'on parlait de lui. Après tout, tous les regards étaient posés sur lui. Affaiblit, son regard se posa sur le prince qui avait osé prendre sa défense et le jeune homme ne put s'empêcher de s’interroger. Il le jaugea, de haut en bas, avec une lenteur insupportable et il finit par croiser son regard.
Ce fut un éclair qui traversa son corps martelé par la pluie, un éclair de rage si intense qu'il lui permet de rouvrir correctement les yeux, de redresser la tête. Pour qui se prenait ce foutu prince, au juste ?! Amil n'avait pas besoin de lui ! Amil n'avait besoin de la pitié de personne. Après tout, personne n'en avait eut pour lui avant, on l'avait toujours vu comme un paria, un moins que rien. Si ce prince désirait le sauver, aujourd'hui, c'était uniquement avec cette fausse compassion qu'on les enfants devant une vache que l'on s'apprête à tuer. Ils en mangent tous les jours, mais une fois devant le pathétique de la pauvre bête, ils sont prit de remords. Ils la sauvent, la vache, pas pour elle, non. Ils la sauvent pour calmer leurs remords, pour se faire bien voir. Pour avoir le beau rôle.
Amil n'en voulait pas, de cette compassion là.

« Ce n'est qu'un enfant, Garalt. Peut-être devrions-nous l'aider au lieu de le condamner ? » S'en fut trop. Amil n'était pas plus un enfant que ce pourri gâté qui n'avait jamais goûter à la boue. Il se pavanait dans ses jolies habits tandis que le bâtard n'avait pour seul revêtement que la haine, la souffrance et l'orgueil d'un enfant blessé. Le serpent ne voulait pas d'aide. Il siffla entre ses dents, de rage... Et puis.
Et puis il rit.
Il rit aux éclats, d'abord, ce ne fut qu'un murmure qui, montant chrechendo, devint presque la marque d'une démence. Son corps, secoué, faisait voler les gouttes qui trempaient ses cheveux et leur donnait l'impression de fondre. La douleur irradia son torse meurtri, ses bras, mais il en fit fi. Il se contenta de foudroyer le prince.

« Un enfant ?! J-Je ne suis pas... Un enfant... Je n'en ai jamais été un ! » Rétorqua-t-il, difficilement. Chaque paroles nécessitait une mobilisation active de toute son énergie, du peu qu'il lui restait. Pourtant, il poursuivit : « Il est mort, l’innocent en moi ! Ne faites pas... Pas comme si vous ne le voyiez pas ! Je ne veux p-pas être ce chien blessé que l'on ramène chez soit... Gh-... Pour... Pour se laver d-de sa culpabilité !... Que croyez vous ?! Que vous allez me... Me sauver ?! » Il crachait sa haine, avait perdu sa subtilité, son sourire moqueur. Ne restait qu'un visage tordu, trempé, duquel les larmes qui commençaient à monter ne confondaient avec la pluie battante.
Il abaissa la tête, lentement, épuisé. Accablé par le vent, il n'avait plus aucune ressource, se contentait d'abandonner lâchement.

« Vous n'avez pas ce pouvoir là... » Souffla-t-il entre ses lèvres à demie closes. L'enfant était perdu, désespéré. Il était persuadé de vivre une juste punition pour tous ses crimes, tout en ne voyant en cela qu'une injustice de plus.
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