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Vanyar
Esprit de l'Espace
Vanyar
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le Lun 28 Oct 2019 - 12:44


Les mots de Luinil réchauffèrent son coeur, ravivant les braises froides d'une ardente passion. Etait-ce une mauvaise chose ? Il n'aurait pu se prononcer là-dessus. Il ne voulait pas le faire.

Luinil vint près de lui. Sa présence lui était si familière et pourtant, il sentait comme un fossé entre eux. Un gouffre béat. Infranchissable. Un gouffre ne pouvant être comblé, érodé par le temps et que lui-même avait creusé. Et l'Esprit de l'Espace ne s'approchait pas du bord, de peur de retomber dans les ténèbres qui se trouvaient au fond.

Alors, sa question, il n'y répondit pas. Pas de suite. Il ne pouvait pas. Accorder sa confiance à quelqu'un est une chose, partager sa vie, offrir son temps et toute son affection en est une autre. Et tout est bien plus compliqué lorsqu'on a été abandonné, que celle avec qui vous partagiez tout et bien plus encore vous laisse, vous arrache le coeur. Cette peur restait là, enfouie dans son for intérieur. Cette peur de s'offrir à nouveau. De souffrir à nouveau.

Les prunelles émeraudes de Vanyar se posèrent un instant sur la théière de porcelaine, puis remontèrent vers le visage de l'Etoile. Elle resplendissait. Il détailla ce visage si familier, se perdit dans ce regard dont la douceur se trouvait soulignée par de longs cils, s'attarda un bref instant sur la finesse de ses lèvres... Puis récupéra les tasses de thé et les déposa sur la table.

« Toujours prêt à te recevoir. » corrigea-t-il d'un ton taquin, cachant une nouvelle fois le véritable fond de sa pensée sous le voile léger de la plaisanterie.

Sous la table, il y avait un tiroir. Dans ce tiroir, Vanyar récupéra quelques petits gâteaux, délicieusement exquis pour accompagner le thé aux fruits rouges de sa chère amie. Le plateau d'argent sur lesquels ils étaient disposés brillait à la lueur de la lumière fictive qui éclairait les lieux. Même Vanyar, le créateur, ne pouvait égaler l'éclat de l'Etoile. Il soupira. Sachant pertinemment qu'il ne pourrait fuir plus longtemps le véritable sujet de leur discussion, il revint vers elle, se glissa à ses côtés.

« Je veux que tu reviennes, Luinil. » Il marqua une pause. Si l'improvisation n'avait pas de secret pour lui, exposer ainsi le fond de sa pensée se trouvait être une tâche bien plus ardue. Oui, il le voulait, mais il avait peur. Dire ces mots étaient un exploit, mais il redoutait surtout qu'elle poignarde une nouvelle fois ce coeur qu'il lui tendait. « Il y aurait mille et une manières de te le dire. Je pourrais filer cette métaphore de l’absence, te conter ô combien les cordes de la solitude m'étreignent et me retiennent prisonnier. Je pourrais te décrire le sombre voile de tristesse qui m'étouffe, ce sombre voile m'empêche de revoir ta Lumière, mais tous ces mots ne valent rien... »

Vanyar leva la main. Ses doigts virent frôler la joue de Luinil, alors que son regard vint se noyer dans les yeux de son Etoile.

« Tu m'as manqué. » Et Luinil savait mieux que quiconque à quel point cela était vrai. Pourtant, il osa d'autres mots. Il osa se montrer faible. « Et j'ai peur de te retrouver. »

Luinil
Esprit de l'Etoile
Luinil
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le Mer 6 Nov 2019 - 22:18



Le Présent se construit sur les ruines du Passé.

Te souviendras-tu d'autrefois ?

Luinil ne manqua pas de constater que Vanyar ne répondit pas à sa question. Elle en éprouva une vague pointe de déception, ainsi que d’incertitude supplémentaire. Et si ce silence était tout bonnement un « non, sors de ma vie » ?

Elle fit néanmoins mine de rien, affichant toujours un sourire sur son visage tandis qu’elle servait le thé et que son ami sortait les gâteaux. Elle ne forcerait rien. S’il ne voulait pas parler, elle ne le forcerait pas. Elle n’était certainement pas là pour remuer le couteau dans la plaie. Quelle ironie, d’ailleurs… elle, l’Esprit de la guérison, était incapable de soigner les blessures du cœur. Elle en aurait bien eu besoin, aujourd’hui…

Elle se saisit de la tasse de thé, revint s’assoir sur le fauteuil. Elle observa Vanyar venir s’installer près d’elle. Il semblait hésitant. Elle l’écouta, sans l’interrompre. Probablement était-ce parce que l’émotion lui étranglait la gorge. Même le thé était incapable de passer, aussi bon fût-il. Le contact de Vanyar sur sa joue laissa une empreinte brûlante sur sa peau. Elle leva sa main libre, et posa ses doigts sur ceux de Vanyar, toujours sur sa joue. Comme pour les maintenir là. Son contact lui avait manqué.

Un sanglot masqué dans la voix, les seuls mots qui parvinrent d’abord à franchir ses lèvres furent :

Je sais.

Elle poussa un petit soupire malheureux tout en lâchant la main du blond. Elle lui avait suffisamment dit qu’elle était désolée. Il l’avait dit lui-même, ces mots ne valaient rien, parfois.

Bien sûr qu’elle savait. La peur que ça se reproduise, la peur que l’autre ait changé, la peur d’avoir perdu tout ce que la relation était. Tout simplement, la méfiance poussée par ce besoin de se protéger de la douleur que l’on a pu ressentir.

J’aimerais te promettre tant de choses, Vanyar. Mais je sais qu’aucune promesse ne pourra jamais apaiser cette peur.

Elle but une gorgée de thé brûlant dans l’espoir de dénouer sa gorge, puis reprit.

Seuls le temps et les actes donneront du sens aux mots. Je… mes paroles doivent te sembler bien creuses. Mais… maintenant je suis là, et c’est un fait. Je suis prête à revenir. Je ne répèterai pas les erreurs que j’ai pu commettre il y a deux siècles. Je vous protègerai, comme j’aurais toujours dû le faire, toi, Elentir, les habitants. Je réassumerai le poids de mes erreurs.

Elle eut l’impression d’énumérer une liste de bonnes actions, comme les gens le font parfois au début de la nouvelle année. Elle le pensait sincèrement, maintenant elle n’avait aucun moyen de prouver ce qu’elle pensait, de quelque manière que ce soit.

Je redeviendrai… je souhaite redevenir, se corrigea-t-elle, l’amie, la confidente, la sœur que j’ai jadis pu être. Pour peu que vous en ayez encore besoin.

Un voile de doute passa dans ses yeux. Et si, tout simplement, lui, Elentir, l’avaient remplacée, dans leurs cœurs ? Ils ont continué leur chemin, à deux, pendant deux siècles, ils n’ont pas mis leur vie en pause pendant toutes ces années. La place qu’elle voulait reprendre, peut-être n’existait-elle tout simplement plus. Dans ce cas-là… elle allait devoir la recréer. Elle avait toute l’éternité pour ça…

Elle plongea son regard dans le vert du sien, en se penchant légèrement en avant, un air déterminé sur le visage.

Me fais-tu encore confiance, Van’ ?
Vanyar
Esprit de l'Espace
Vanyar
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le Sam 25 Jan 2020 - 13:43


Les doigts de Luinil se posèrent sur les siens un bref instant. Elle le retenait, l'empêchait de fuir et de s'en aller. Elle faisait durer ce maigre contact, renforçait cet infime lien entre eux. Ô douce Luinil ! Toujours égale à elle-même, à vouloir réchauffer les coeurs des autres avant le sien ! Mais cette fois-ci, il lui semblait malgré tout, qu'après tout ce temps passée seule, elle cherchait un peu de réconfort. Auprès de lui.

Leurs mains se quittèrent et elle soupira. Vanyar n'en dit rien, sentant encore sa présence, ses doigts enlacés aux siens.

Elle parla, elle parla. Tout sonnait creux, en effet, il ne l'écoutait qu'à peine, perdu dans ses réflexions. Ce n'était pas des remords qu'il voulait entendre, ni même des excuses. Il n'aurait pas voulu avoir cette discussion, à vrai dire. Il aurait préféré qu'ils n'en arrivent jamais jusque là. S'il avait eu les pouvoirs d'Elentir, il aurait refait le passé, aurait évité les drames. On apprend de ses erreurs ? Balivernes. Vanyar avait beaucoup perdu, mais il n'avait rien apprit. Luinil parlait de ne plus en faire, de les assumer. Vanyar en doutait. Luinil était trop douce, malgré sa détermination. Les remords avaient dû la ronger... Et elle ne pourrait s'en séparer.

A moins qu'il ne la confonde avec lui-même ?

Sans doute. Trop orgueilleux pour voir ses défauts, il préférait les déléguer aux autres.

Puis vint cette question. Avait-il confiance en elle ? Jadis, il aurait répondu sans hésiter. Un grand oui. Il aurait tout donné pour elle. Il aurait élevé les plus hautes montagnes, aurait bâti les plus beaux temples à son honneur. Il en avait fait sa Muse, l'aurait vénéré comme le Soleil, aurait chanté sa gloire, aurait gravé sa splendeur dans la pierre. Elle était tout pour lui, puis elle s'était envolée. Un rien l'avait chassé, sa propre stupidité -celle de Vanyar- l'avait chassé. Il l'avait vécu comme un abandon, rejetant sur elle ses propres fautes.

Et malgré son retour, il se sentait encore bien vide. Elle l'éclairait à nouveau, mais il se sentait mieux dans l'ombre. Il voulait lui faire confiance, rebâtir les fondations de cette si belle relation : déblayer le passé pour laisser éclore un avenir radieux. Il le voulait, oh que oui ! Mais il ne se sentait pas assez courageux pour s'offrir à nouveau. Il avait beau être l'Esprit Créateur, il n'avait aucun pouvoir face à elle.

Étrangement pudique, il détourna le regard. Il évitait la question, se refusait à s'exposer de la sorte.

« Je ne sais pas. »

Ses doutes filèrent entre ses lèvres presque closes. Il ne savait pas. Il ne voulait pas savoir. Mais il réalisa bien vite que ce n'était pas les paroles à dire. Un si bon orateur ne pouvait pas offrir quelques chose d'aussi simple, d'aussi creux. Il secoua la tête, puis reprit.

« Non..., c'était hésitant, bancal, mais sincère. J'ai confiance en toi, Luinil, mais c'est de moi que je doute. Je n'ai pas pu te retenir. Je n'ai rien fait pour essayer, d'ailleurs... Et rien ne me dit que cela ne se reproduira pas malgré nos promesses. Je ne sais de quoi l'avenir sera fait et cela m'inquiète. »

Cela m'effraie. Oui, c'était cela, le plus effrayant. Ne pas savoir, ne pas avoir de certitudes. C'était la vie, certes, mais un homme tel que Vanyar aimait tout contrôler. Et ça, il ne pouvait pas. Encore une fois, il en revenait à ça. A lui. A ses petits soucis d'orgueil blessé.

« Cette discussion tourne en rond, soupira-t'il alors. Je ne sais pas quoi faire. »

Et sans doute était-ce un appel à l'aide, pour qu'elle lui apporte réponse et lumière.

Luinil
Esprit de l'Etoile
Luinil
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le Sam 9 Mai 2020 - 11:44
Les Esprits sont des êtres si puissants. La plupart d’entre eux vivent dans la solitude, d’autres se regroupent. Ils ont un pouvoir de création et de contrôle qui font d’eux des divinités aux yeux de la plupart des êtres mortels.

Peut-être cela faisait-il aussi leur faiblesse. La douleur et la peur de la perte étaient peut-être exacerbées, de par le fait qu’ils vivaient trop rarement en société pour apprendre à les canaliser. C’était en tout cas probablement le cas pour Luinil. Si elle perdait Elentir et Vanyar ? Elle perdait tout. C’était bien la dernière des choses qu’elle souhaitait. Me fais-tu encore confiance ?

Je ne sais pas.

Le souffle de l’Esprit se bloqua quelques instants dans sa gorge, mais elle attendit. Elle attendit, son regard cherchant désespérément le vert du sien. Et ses explications lui firent tout aussi mal. Ni lui ni elle ne savaient où ils allaient ; le souci étant que le doute n’était pas quelque chose à laquelle ils étaient vraiment habitués.

Elle se remit alors debout, et lui adressa un sourire.

« Le Temps est un pouvoir puissant, pas vrai ? Peut-être devrais-je aller supplier Elentir de le faire passer plus vite. Seul le Temps sait réparer les cœurs. »

Elle s’éloigna de quelques pas, avançant dans le champ factice. Elle finit par s’agenouiller, aux milieu de ces plantes inertes. Sa main se posa délicatement contre le sol.

« La vie est quelque chose de bien compliqué. Certains survivent plus qu’ils ne vivent, d’ailleurs. Peut-être que la limite entre les deux se trouve dans la conscience et les sentiments. Allier la conscience et la matière amène beaucoup de difficultés. La peur et le doute en sont certaines. Mais quelque part, c’est parce que qu’elles existent que les bonnes choses peuvent être appréciées, tu ne penses pas ? »

Elle marqua une pause, tandis que le sol se réchauffait sous ses doigts.

« Les épreuves de la vie nous construisent, nous Esprits également. Je suis l’Esprit de la Vie, en tout cas des êtres mortels, mais je n’ai pas de réponses. Je crois que nous devons nous fier à l’avenir. »

Elle releva les yeux vers Vanyar.

« Car, quelque part, après les brasiers et les cendres, la vie reprend ses droits, et l’espoir revient avec elle. Van’… tes yeux portent la couleur de l’espoir. Des jours meilleurs viendront bientôt, j’en suis convaincue. »

Elle posa alors sa main libre contre son cœur, avant de reporter son attention sur ses doigts toujours posés à même la terre. Délicatement, elle les releva, laissant apparaître une pousse d’un vert éclatant.

La vie reprenait ses droits, et les reprendrais toujours.
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